Exposition « La fête sauvage » de Lise Follier-Morales, Noël Marsault, Stella Erbibo, Hélène Varchavsky, Alain Cazalis et Jumpei Mikami

Posted by | avril 1, 2017 | Exposition passée | No Comments


Lise Follier-Morales, Noël Marsault, Stella Erbibo
Hélène Varchavsky, Alain Cazalis, Jumpei Mikami

La fête sauvage

Gravures et dessins

 Exposition du 3 février au 5 mars 2017

 

Un drôle d’être vous regarde, complètement hirsute, et ses yeux presque blancs brillent dans le noir : c’est l’Ange familier, vernis mou, pointe sèche et roulette, de Noël Marsault. Deux grands singes, au pelage si doux qu’on aimerait tendre la main pour les caresser, se tiennent côte à côte, l’un posant sa patte sur la tête de l’autre : telle est l’idée que Jumpei Mikami, graveur en manière noire, se fait de la Communication. Une poule ébouriffante, bec grand ouvert et les plumes en bataille, se dresse sur ses ergots : voici La chanteuse d’opérette, pointe sèche, vue par Lise Follier-Morales. Plus loin, une baleine au ventre dodu gravée en taille douce par Stella Erbibo semble vouloir se libérer de sa feuille, d’un format pourtant déjà très imposant. Cachés dans  Le Grand Arbre  eau-forte et, pointe sèche d’Hélène Varchavsky, d’innombrables êtres de petite taille et au museau pointu, s’ébattent, joyeux et très affairés, au gré de leur fantaisie. Enfin, un Pégase bleu Ivre de liberté  et gravé en taille d’épargne par Alain Cazalis, prend son envol.

Le monde animal ouvre grand les portes de l’imagination et incite à toutes les inventions —chimères en rose, mauve et jaune pour les artistes qui s’expriment en couleur, apparitions de sirènes et autres organismes marins parmi les chiffres d’un livre de compte pour les esprits sensibles à l’absurde, fêtes masquées, plumage dominoté et autres fééries pour les amateurs de merveilleux, cadrage très serré pour ceux dont le regard a été irrésistiblement envoûté par le velouté soyeux d’une patte de chaton.

A ce grouillement et cette étrangeté de la vie animale répond une grande richesse de techniques et d’expressions. Chaque artiste a sa manière de l’encager, chacune et chacun laissent aller sa pointe, sa gouge ou son brunissoir, sa plume ou son lavis, pour donner naissance à ces créatures issues de la nature et du rêve qui mènent à côté de nous et en silence une vie parallèle. Car qu’ils soient légendaires ou bien réels, mêlés dans une effervescence sauvage, ou isolés en gros plan, tous ces animaux s’imposent par leur mystérieuse présence qui ouvre sur un autre monde.

Laurence Paton, Paris 7 janvier 2017